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HISTOIRE 1

Savoir d'où nous venons

pour savoir qui nous sommes

Sous la domination romaine

D'après le livre de Roland COLIN : Notre Petite Patrie


Au temps de la domination Romaine (59-49 av. J.C.), notre région appartient à la tribu Belge des Leuques, une des trois tribus qui constituerons plus tard le pays Mosellan. Elle ne présente alors que des terrains vagues hérissés de hautes herbes et de haies impénétrables et hantés par toutes sortes d’animaux sauvages. Elle fait alors partie d’une province appelée : Gaule Belgique.


Au IIIème siècle, la Gaule est envahie par les Germains puis reconquise en 273 par l’Empereur Romain Aurélien. La population de nos terres est quasiment inexistante et seul le passage des troupes romaines peut déranger le gibier qui, jusqu’au Vème siècle, est pratiquement la seule source de viande et de fourrure qui tient encore une large place dans l'habillement.


Au Véme siècle la Gaule devient France. En effet, le 31 décembre 406, une gigantesque migration de peuples commence à traverser le Rhin. Francs, Burgondes, Vandales, Wisigoths et Ostrogoths prennent possession de la terre des Gaules. Les Francs s’établissent au nord et font de notre région un véritable désert.

La Lorraine

Domination romaine

Sous le nom de " Royaume de Lorraine " ou " Lotharingie ", un état est formé en 855 à la mort de Lothaire 1er, en faveur de son fils Lothaire II. Vers 953, il se divise en deux parties : La Haute Lorraine, au sud, et la Basse Lorraine, au nord.




Le Moyen-Âge voit se modeler nos villages à leurs emplacements définitifs au début du Xème siècle.

Jusqu'à la révolution de 1789, notre village est divisé en quatre sections :

  • Ancerviller (le Hameau), bien que la plus petite des sections hors Ste Agathe, a été le centre ou le chef lieu du ban seigneurial, dépendant du monastère de Senones.
  • Couvey a toujours été le centre religieux des quatre sections et d'Halloville.
  • Josain n'a été séparé de Couvey, au point de vue spirituel, que de 1598 à 1791 pour former une communauté distincte avec Ste Agathe.
  • Sainte Agathe a toujours suivi, au temporel, la destinée de la seigneurie d'Ancerviller?


Dans la charte latine concernant Senones, Ancerviller (le Hameau) est désigné sous le nom d'Anselmi Villare, du nom de son premier guide spirituel, l'Abbé Anselme. Celui-ci gouverne le monastère "La Maison Franche", située au nord-ouest du hameau et appelée le Château par les gens du pays. C'est en ces lieux que se tient la séance des "Plaids Annaux", au cours de laquelle les habitants écoutent le rappel de leurs obligations féodales et peuvent exprimer leurs doléances.


En 1261, le seigneur Vary, fils de Vary-le-Vosgien, châtelain de Deneuvre pour le compte de l'évêque de Metz, organise sa seigneurie et construit la "Grand Maison", à l'est du bourg (le Hameau actuel), pour lui servir de château et de maison de chasse. En 1291, celle-ci est revendue au compte de Blâmont Henry Ier, qui y installe une jumenterie. Elle est alors la limite entre les comtés de Salm et de Blâmont.


En ce qui concerne l'origine du nom de Couvey, il existe deux hypothèses. La première nous oriente vers le mot latin " scovagium " qui signifie : Localité entourée de forêts. La deuxième est celle du mot " Albecchoval " signifiant : Pays de Blâmont.

Quant aux variantes que ce nom a prises, elles sont encore moins significatives : Escouvais, Escovas, Colva, Choval, Couvay et enfin Couvey.


De bonne heure, à Couvey, se constitue un franc alleu (terre libre ne relevant d'aucun seigneur et exempte de redevance) dont le propriétaire, homme de bonne naissance, possède des terres et des forêts. Ses héritiers, les sires de Couvey, Widric, Joanès et Jofrida, constituerons la famille des " Gentilshommes de Couvey " et auront leurs armoiries dont l'écu sera " d'azur à la bande d'argent accompagnée de billettes d'or ".


La population de nos villages ne dépasse jamais, durant le Moyen-Âge, le chiffre de 400 âmes et elle est exclusivement agricole. On distingue, en premier lieu, ceux qui mettent aux champs et font labourage. À cette catégorie appartiennent le maire, les gens de justice et les prudhommes (conseillers municipaux). Mais l'élément qui domine le plus est le bon paysan, attaché jalousement à sa terre, à sa famille et à ses devoirs religieux. Travailleur obstiné, quand il s'est acquitté de ses devoirs envers son seigneur le Comte de Salm et le monastère de Senones, il cultive son petit bien et rachète par son travail les services que lui rend le propriétaire, pour le labour de son champs et le charroi de ses récoltes.


On trouve dans le village les principaux corps de métier ; les tisserands, les maçons, le forgeron, le menuisier et le charpentier. La communauté se repose, pour sa police intérieure et pour sa défense, sur la vigilance de 9 arquebusiers exemptés de la taille (impôt direct) de même que les trois pâtres préposés à la garde des troupeaux.

Le soin des malades laisse à désirer. Les pestiférés sont entassés dans des loges et on isole les contagieux dans une maladrerie à l'ouest de Josain. Les malheureux sont le plus souvent réduits à recourir à des magiciens, sorciers, exorcistes et autres guérisseurs.

Les maisons en torchis jusqu'au Vème siècle, sont peu à peu construites de briques ou de pierres. Une tuilerie briqueterie et un chaufour (four à chaux) sont installés au sud de Josain au lieudit encore appelé aujourd'hui " Les tuileries ". Mais ces maisons sont basses, sombres, humides et peu confortables.


Nos ancêtres pratiquent l'élevage des vaches, des porcs, des moutons, des poules et autres gallinacés qui s'ébattent en toute liberté dans le village. Ils cultivent blé, orge, avoine, le chanvre, le lin, les navettes, les poids, fèves et lentilles. La vigne, bien orientée, occupe le côteau qui domine Josain. Le paysan doit faire moudre son grain au moulin banal de Ste Pôle et faire cuire son pain au four banal (public et appartenant au seigneur).


Les récréations les plus populaires sont les réjouissance de la fête, la bure de St Jean et le carnaval, dans lesquels la danse est la meilleures part. Les barres, les boules et les quilles divertissent les hommes et les jeunes gens aux jours de dimanche. La chasse pratiquée par le petit nombre est soumise à cette réserve que le tueur doit , pour affirmer les droits de son seigneur, lui apporter la tête, la trasse et le dextre quartier du gibier.

Les guerres féodales


Les nombreuses guerres féodales qui mettent aux prises, aux XIII et XIVème siècles, les Ducs de Lorraine, les Évêques de Metz, les Comtes de Blâmont et les Comtes de Bar, semblent n'avoir que de légères répercussions sur nos villages. Mais ils sont souvent visités et rançonnés par des soldats aventuriers et pillards, notamment pendant ces évènements :

  • Le siège de Deneuvre en 1273.
  • Le sac de l'abbaye de Haute-Seille en 1284
  • La bataille de Neuviller en 1301
  • Une invasion des troupes messines dans les villages autour de Blâmont en 1380
  • Les accrochages entre l’Évêque de Metz et Henry IV de Blâmont en 1385
  • Une attaque du château de Blâmont par les Alsaciens en 1417
  • Le pillage et la dévastation de Baccarat et Brouville en 1427


Mais en plus de ces guerres, nos villages souffrent de la lèpre importée d'Orient à la suite des croisades.

De 1315 à 1319, à la suite de pluies excessives, la famine désole toute la région et lui enlève près d'un tiers de sa population. Celle-ci est encore bien affaiblie en 1349, lorsque la peste sévit à son tour.


Les abbés de Senones considèrent l'exercice de la haute justice comme leur première prérogative seigneuriale. Aussi tiennent-ils à la rappeler à chaque séance des plaids annaux. L'exécution des criminels s'annonce par l'arbre de penderet ou le gibet qui, placé sur une éminence, rappelle la puissance du seigneur, lequel a pouvoir de coercition, de réprimande par mort, mutilation, fouet, bannissement, marques, piloris et autres peines corporelles.

C'est au " Haut de la Fête " que le seigneur étale l'apparence redoutable de sa puissance. Tous les ans, à lors de la fête paroissiale, son sergent prend soin de rappeler les titres de son maître en donnant le signal des réjouissances.

Sombre XVIème siècle


Nous pouvons évaluer à 380 le nombre des habitants de Josain, Couvey, Ancerviller et Ste Agathe en 1600. Ce qui nous montre dans quelle insécurité vivent nos ancêtres. Ils connaissent des années de disette, des maladies contagieuses dues au manque d'hygiène et de nourriture, et les passages des gens de guerre.

De 1504 à 1508, de 1522 à 1524, puis en 1545, la peste fait des ravages dans les rangs.

À l'ouest de Josain, sous la vigilance d'Antoine le Bon, est construit un couvent qui, d'après les archives de Senones, est réputé pour ses vergers et potagers. On peut encore trouver aujourd'hui les vestiges du mur d'enceinte. Une statuette à l'entrée du village orne une porte qui pourrait être une porte d'entrée du couvent. Les sœurs s'occupent alors principalement d'une maladrerie, située à quelques mètres à l'ouest et ont fort à faire avec les pestiférés.


Nos ancêtres doivent se rendre compte du danger auquel ils échappent grâce à la vigilance du Duc, lorsqu'il extermine, près de Saverne en 1526, les Rustauds qui menacent de dévaster notre région.

Le pays de Blâmont est envahi en 1544 par les troupes de Charles Quint. En 1555, Albert de Brandebourg, à la tête d'un ramassis de reîtres, commet des brigandages dans nos villages.

Quand éclate la guerre de religion, qui va ensanglanter la France de 1560 à 1598, les protestants appellent à leur secours leurs coreligieux allemands qui dévastent notre contrée en semant la terreur.

En 1569, quelques détachements de Calvinistes de Genève parviennent à traverser les Vosges et parcourent nos terres.

En 1587, le fameux Duc de Bouillon, Guillaume de la Marck, à la tête de 40 000 reîtres, brûle la quasi totalité de nos bourgs, dont la " Grand Maison ".


Alors que leur rôle est d'assurer la protection des monastères, les comtes outrepassent leurs droits et provoquent un coup d'état le 29 septembre 1571, mené par Jean IX et le Rhingrave Frédéric. Ils rédigent, en 1598, un document appelé Partage, qui leur distribue les richesses du territoire (biens, maisons, terres, productions,...), mais également la justice. Ainsi, la loi n'est pas la même selon que notre seigneur est Jean IX le catholique, appliquant le droit romain, ou Frédéric le protestant, appliquant le droit germanique.

Nos villages sont alors divisés entre comté et principauté :

  • Au Comte de Salm et Sénéchal de Lorraine Jean IX, sont attribués Couvey, Bréménil et la moitié des forêts de Couvey, Ancerviller (le Hameau), Josain et Ste Agathe.
  • Au Rhingrave Frédéric reviennent Ancerviller, Josain, Ste Agathe, Neuviller et Nonhigny, ainsi que la seconde moitié des forêts.

Misère et sorcellerie


Cette sombre période est marquée par deux occupations françaises durant lesquelles des admoniateurs prennent à bail les revenus de tout le comté. Nos villageois sont assommés par l'amoncellement des impôts. Outre la taille et la rente du feu, François de Vaudémont introduit de nouveaux droits dans son domaine seigneurial de Couvey :

  • La reconnaissance des fours s'ajoute à l'ancien droit du four banal
  • La gabelle ou droit sur la vente des vins
  • Le droit de bourgeoise : deux francs que chaque nouvel habitant doit payer pour sa bienvenue.


À la mort de François en 1632, le village entre dans le duché de Lorraine. Mais cette annexion commence par de tristes circonstances. Dès l'année suivante, des contributions de guerre épuisent les ressources de nos ancêtres. De nombreuses réquisitions d'hommes, de chevaux et de vivres, le passage des troupes et leur séjour aux dépens de l'habitant, la peste et la famine déciment nos villages.

Apparaît aussi l'impôt lorrain " l'aide St Rémy " remplacé en 1670 par la " subvention ". Ainsi, de 44 familles que comptait Couvey en 1632, sept seulement voient la fin du siècle.


La sorcellerie sévit avec une intensité particulière au XVIIème siècle. Elle est provoquée par la superstition, l'ignorance et le dérèglement des mœurs. Chez les protestants comme chez les catholiques, on croit que des gens mal intentionnés se donnent au démon pour obtenir de lui le pouvoir de nuire à leurs semblables, de faire périr les animmaux et détruire les récoltes. Mais les sorcières et sorciers périssent en grand nombre par le supplice du feu. Combien parmi ces inculpés auprès de la justice sont de pauvres ignorants que la rumeur publique, sous d'absurdes indices, envoie au bûcher.

Deux sorcières sont exécutées par le feu à Josain ; les nommées Didier Veuve Mougin et Jeanne Noël. Le lieu où est exécutée cette dernière, sur le chemin de Josain à Domèvre, porte le nom de " Place Jeanne Noël ", en patois " Tech'chan Nouë ". La guerre de trente ans (1618-1648) fait diversion à cette troublante agitation, en mettant les habitants de nos villages en face de la réalité autrement triste et douloureuse.

On commence, vers 1680, à restaurer les maisons délabrées et culture et élevage reprennent. Renouveau bien modeste puisque nos villages, en 1689, ne comptent que 25 feux (125 habitants) avec une moyenne de huit naissances par an.


Nos ancêtres sont victimes des années désastreuses 1708-1709. À la stérilité qui désole nos campagnes après un hiver rigoureux, où le blé en herbe gèle et où périssent les arbres fruitiers, succède une épidémie qui emporte les meilleurs, ainsi qu'une grande partie du bétail. La population qui n'a jamais dépassé, depuis le partage de 1598, le chiffre de 500 âmes, redescend à son précédent minimum de 1669 au nombre de 30 habitants.

Heureusement, vers 1712, le Duc Léopold appelle des étrangers pour relever et repeupler nos villages. Il en vient de France et même du Tyrol autrichien. La famille FIEL est originaire du Tyrol trois frères du même nom habitent Josain en 1720. Ils sont natifs de Cymbale et le chanoine FIEL fut un de leurs descendants.


Faisant partie de la principauté des Rhingraves, les habitants de Josain et d'Ancerviller (Hameau) sont favorisés comparativement à leurs voisins de Couvey du comté de Salm. Ceux-ci doivent supporter des charges extraordinaires telle la corvée Léopold (travaux sur les terres dominicales) et la corvée François III pour la réfection des routes. Celle-ci oblige les paysans à travailler sur les voies pendant une durée déterminée avec leurs voitures, chevaux et outils. C'est une lourde charge pour les laboureurs, dont elle interrompt le travail champêtre.


Si à l'époque qui nous occupe, le Français est familier aux notables, la grande majorité des habitants parlent le patois du pays de Salm, mi-alsacien, mi-lorrain. Une de ses particularités est l'emploi fréquent des préfixes et suffixes ch et ing, prononcés à l'Allemande comme ich et ingen.

Ancerviller face aux régimes

L'Assemblée Constituante

L'Assemblée Constituante (1789-1791) commence la décentralisation en divisant la Lorraine en quatre départements dont chacun, subdivisés en districts, en cantons et en communes constitue une circonscription administrative, judiciaire, religieuse et financière. Tandis qu'Ancerviller et Josain font partie du canton de Blâmont, Couvey est compris dans celui d'Ogéviller. Devant cette énormité, nos administrateurs demandent au directoire de Blâmont, l'autorisation de fusionner et tranchent en faveur d'ANCERVILLER pour nommer le nouveau et unique village.

Le premier registre d'Etat Civil est confié à Joseph FRICOT, régent d'école, en tant que secrétaire en 1793.

Le Garde Nationale (1790-1791) est une sorte de milice bourgeoise destinée à maintenir l'ordre dans chaque localité et n'est autre que l'origine de nos sapeurs pompiers.

Après avoir tout aboli, la Constituante établit en revanche la contribution foncière, la personnelle immobilière, les patentes des portes et fenêtres, la taxe sur les voitures circulantes, la contribution patriotique avec déclaration des revenus et une série d'emprunts forcés sur les riches.

L'Assemblée Législative

1791-1792. Les administrations locales subissent l'épreuve du renouvellement et, sous la présidence du curé Cambas, a lieu l'élection de la minicipalité. Ni la guerre contre l'Autriche en avril 1792 suivie d'une invasion prussienne dans le nord de la France, ni la déchéance du roi le 10 août, ne troublent la vie de nos ancêtres.

La Convention

1792-1795. Composée de députés élus au début de septembre 1792, elle proclame la République le 21 septembre puis prescrit le renouvellement de tous les corps administratifs et judiciaires. Elle décrète des levées en masse et des réquisitions parmi les célibataires et les veufs sans enfant, en 1793.

Jusqu'en 1795, l'enseignement primaire ne fait que végéter. Les autorités sont obligées de recourir à des maîtres de fortune, dont les idées politiques sont plus avancées que leur aptitude pédagogique. La Convention organise l'enseignement et les gens d'école sont désormais subordonnés à un examen devant un jury d'instruction.


La vie matérielle et économique à la fin du siècle n'est pas très sûre. En 1790 et 1793, on réquisitionne le blé et le pain étant taxé, on le confectionne avec un mélange de farine d'orge et de seigle. On interdit aux paysans d'exporter fourrages, bétail et blé, ce qui rend leur situation très précaire.

Nous sommes alors à l'époque de la terreur qui est, sinon cruelle et sanguinaire, du moins dure et impitoyable pour les habitants de nos campagnes, auxquels la Convention impose des réquisitions continuelles en blé, en foin et en charroi pour les armées.

Mais quelle explosion d'indignation quand la Convention décrète l'interdiction de tous cultes, la disparition de tout emblème religieux, le dépouillement et la fermeture des églises. Cette situation dure jusqu'en 1795.

Le Directoire

C'est sous le Directoire (1795-1799) que l'on élit les membres des municipalités cantonales, en novembre 1795. Ancerviller dépend alors d'Ogéviller, chef lieu de canton. Le coup d'état du 4 septembre 1797 a de graves conséquences au point de vue religieux. Il interdit les sonneries de cloches, le port du costume ecclésiastique, les célébrations des fêtes un autre jour que le décadi (dimanche) et il impose aux ministres du culte un serment de haine à la royauté et à l'anarchie. Le Directoire est un gouvernement étranger aux idées de justice et de liberté.

Le Consulat

Le Consulat (1799-1801) marque l'absolutisme de Bonaparte qui réorganise complétement le pouvoir central. Par la Constitution de l'An VIII, il diminue le nombre des districts qui prennent le nom d'arrondissements. Il supprime aussi plus de la moitié des cantons et la municipalité cantonale d'Ogéviller disparaît. Ancerviller fait désormais partie du canton de Blâmont et Jean Nicolas Martin est le premier maire installé par le Consulat.

L'Empire

En rétablissant les aides et l'impôt sur le sel, en créant la règle des droits réunis (boisson, tabac, distillerie), le gouvernement impérial provoque murmures et protestations. Mais le patriotisme de nos aïeux est mis à rude épreuve lorsque Napoléon, pour suffire aux guerres qu'il entreprend pendant son règne, recourt à des enrolements fréquents qui paralysent le vie agricole. De plus, le village doit subir l'occupation d'un détachement russe de 1815 à 1818, dont on a gardé le triste souvenir sous le nom de " Cosaques ".


Sous le deuxième Empire (1852-1871), les guerres meurtrières, trois années de mauvaises récoltes, une épidémie de choléra qui tue 68 personnes en 1854, provoquent avec une cherté constante des vivres, le malaise et l’inquiétude dans la population rurale. Devant les menaces de la Prusse, la durée du service militaire est portée de 7 à 9 ans, dont 4 dans la réserve.

1870

Le territoire agricole d'Ancerviller est divisé en 9 sections et les cultivateurs importants exploitent, pour la plupart, à titre de fermiers. Ils pratiquent l'assolement triennal avec ou sans jachère. Les céréales accusent un plus grand rendement grâce à l'utilisation rationnelle des engrais chimiques.

Sur les 1247 hectares de la commune, 50 sont des forêts de haute futaie où dominent le hêtre et le chêne. Partagés en 1598, les bois sont réunis le 14 juillet 1812 par un décret impérial signé à Vilna en Russie, sous le nom de " Forêt Communale d'Ancerviller ". Ces bois sont divisés en 25 lots mis en coupe réglée pour l'affouage des habitants. Une partie cependant, appelée " quart de réserve " n'est exploitée qu'en cas de dépenses extraordinaires. Ce sont les bois de la Pierrière, Bénalbois et le Bouxi.


L'instruction primaire est enfin prise au sérieux. Dès 1833, on doit enseigner aux enfants les principes de la religion et de la morale, la lecture et l'écriture de la langue française. L’instruction doit être gratuite pour les pauvres et l'instituteur reçoit un traitement fixe, plus une rétribution de chaque élève. C'est ainsi qu'est aménagée la Maison d’École en 1834 et que s'y installent des religieux de la Providence de Portieux en 1838.

Mais une loi de 1878, votée à l'instigation du député Jules Ferry, déclare que l'enseignement primaire et public est désormais laïc, gratuit et obligatoire. Ce qui oblige les frères et sœurs religieux à quitter les écoles.




Voici la guerre de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne, qui oppose le Second Empire français au royaume de Prusse et ses alliés allemands. Le conflit marque le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne qui est alors une mosaïque d'états indépendants.


Le 7 août 1870, se repliant sur Châlons après sa défaite à Reichshoffen, un régiment de Mac Mahon traverse notre village qui est encore occupé l'année suivante par des soldats allemands de la Landwehr.


Le Maréchal Bazaine commandant l'armée du Rhin, défait à Borny, Rezonville, Gravelotte et Saint Privat, se laisse investir dans Metz. L'armée de secours, sous les ordres de Mac Mahon, est arrêtée à Beaumont et se replie avec l'Empereur sur Sedan où elle est assiégée.

Napoléon III, malade et découragé, signe le 2 septembre 1870 la capitulation et est fait prisonnier avec 80 000 de ses hommes.

C'est en septembre 1873 que nos ancêtres recouvrent leur liberté et conservent leur nationalité, se trouvant à 12 km seulement de la frontière allemande.