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le XXème siècle


L'agriculture bat son plein et les machines allègent considérablement la main d'œuvre. Les céréales battent des records et les prairies artificielles se multiplient. Quatre Français sur dix vivent alors du travail de la terre. Mais les conditions de travail du paysan sont difficiles. Levé à l'aube, tantôt courbé derrière sa charrue encore souvent tirée par des bœufs, tantôt moissonnant à la faux puis battant le blé au fléau, il vit au rythme des saisons. L'hiver est mis à profit pour effectuer des tâches artisanales qui permettent d'améliorer l'ordinaire.

On cesse de cultiver le chanvre et le lin et les vignes, éprouvées par des gelées persistantes, le mildiou, l'oïdium et le phylloxéra, disparaissent.

Détruits par les hivers 1878 et 1879, les vergers sont replantés en grande majorité de mirabelliers.

Les fermiers adoptent l'enclos pour le bétail et l'élevage du mouton diminue fortement.

Le feu aux poudres

Alors que l'Archiduc François Ferdinand et son épouse Sophie défilent dans Sarajevo, une grenade rebondit sur le capot de leur voiture, blessant une vingtaine de personnes. L'Archiduc ordonne au chauffeur de les conduire au chevet des victimes. Soudain un jeune Bosniaque de 19 ans, faisant partie de " La main noire ", tire deux coups de feu à bout portant sur le couple royal. François Ferdinand est tué sur le coup et son épouse meurt pendant son transfert à l'hôpital.

Contre toute attente, cette agression du 28 juin 1914 met le feu à l'Europe entière.


L'Allemagne est prête à soutenir l'Autriche-Hongrie, son alliée. Mais la Russie est solidaire de la Serbie et alliée à la France. Un terrible engrenage précipite alors l'Europe dans la guerre. L'Allemagne déclare la guerre à la Russie le 1er août, à la France le 3 août et envahit la Belgique soutenue par l'Angleterre, qui déclare la guerre à L'Allemagne.

Le 31 juillet, Jean Jaurès, socialiste et pacifiste ardent, est assassiné.


Dimanche 2 août. Dans toutes les communes de France, une affiche blanche ornée de deux drapeaux tricolores croisés, appelle aux armes les enfants de la patrie. Pour 3 700 000 Français, l'heure du combat a sonné. Pas de notes discordantes dans cette union sacrée face à l'Allemagne car le sens national s'impose à un monde aussi divisé que le nôtre comme un impératif humain et spirituel.


Le plan allemand, élaboré 15 ans auparavant, prévoit une attaque rapide et décisive dirigée contre la France en passant par la Belgique neutre. Mais le Général Joffre réplique en décidant la retraite des troupes françaises sur la Marne. Du 24 août au 4 septembre, les deux armées s'affrontent en une bataille qui avantage les Français.

1915, une longue guerre d'usure commence. Une guerre de positions où les hommes, terrés dans leurs tranchées, se font face à face à quelques kilomètres de distance.


Le 14 janvier 1915, un ouragan de fer et de feu s'abat sur notre village martyr et son sanctuaire s'abîme dans une ruine définitive.

Plan du front de 1914 - 1918

La zone rouge représente le front où l'ampleur des combats détruit entièrement les villages les plus proches, en rouge, les détruit partiellement, en orange, et très peu, en vert.

1914

En attendant que toutes les unités soient prêtes à partir vers la frontière, le 86ème Régiment d'Infanterie, ou Régiment de Courten, cantonne dans la région de Dompaire du 6 au 9 août. Au matin du 10, la division progresse difficilement sous une chaleur torride vers le nord-est, en traversant la Moselle et le canal de l'Est, et vient cantonner à Badménil-aux-Bois.

Le 11, la deuxième étape est moins pénible et les troupes stationnent à Padoux.

Le 12, elles sont à Rambervillers, où les premiers blessés racontent leur premier combat près de Pexonne.

Le régiment traverse la Meurthe à Baccarat le 13 et continue jusqu'à Merviller. Les avant-postes du 86ème stationnent devant Pexonne, Sainte Pôle, Montigny et Vaxainville et aperçoivent l'ennemi sur les crêtes.

Le 14 août, Joffre lance l'ordre d'attaque : " on attaquera l'ennemi partout où on le rencontrera ! ".

À partir de Montigny, le régiment prend une formation d'approche pour atteindre la côte 314 au sud-ouest d'Ancerviller et le bois des Haies à l'est. Le 3ème bataillon est soumis au feu de l'artillerie ennemie mais continue sa progression.

Au soir du 14, après une bataille amère, le 86ème stationne au nord-est du village, mais Nonhigny et Harbouey sont incendiés. Les pertes humaines sont sévères.

1918

Mois de juin. Notre village étant à nouveau occupé par l'armée allemande, les 165, 166, 167 et 168ème Régiments d'Infanterie attaquent Ancerviller. Les troupent entrent alors dans un village totalement déserté par sa population. Pas âme qui vive. La peur au ventre, dans une ambiance apocalyptique, les hommes avancent difficilement sous les balles allemandes et parviennent, après plusieurs heures de combat, à repousser l'ennemi à la sortie du bourg vers le Hameau.

S'ensuit alors une terrible bataille de tranchées aux abords même du village aux lieudits Au Mont, Frenot et Haut de Domèvre.


Pendant les cinq années du conflit, le front s'étale sur une dizaine de kilomètres de profondeur et notre village est le théâtre d'affrontements répétés. L’occupation est tantôt allemande, tantôt française et les habitants, excédés par ce va et vient, par les réquisitions régulières, les vols d'animaux, de provisions et le saccage des chemins, abandonnent leurs maisons et s'enfuient principalement vers le sud.


On peut encore voir aujourd'hui sur certaines maisons, les lettres O,H ouC sur le jambage de la porte d'entrée. Elles signifient que les lieux doivent abriter en cas de besoin, Officiers, Hommes de troupes ou Chevaux.

Souvenir des tranchées

Ma chère petite fille.

Cette carte que je t'envoie est une œuvre d'un camarade artiste de la plume, qui représente un réseau de fils barbelés très apprécié pour nous protéger contre l'assaut de l'ennemi. Derrière ces réseaux veille jour et nuit un service de sentinelles dissimulé dans des tonneaux qui sont enfouis dans la terre. Tu les vois là à la lueur de la lune, attentifs de l'œil et de l'ouïe dans les bois représentés à droite et à gauche sous les boches qui, comme nous, ont une vigilance à toute épreuve. Du reste, il nous le font savoir chaque jour.

Petit souvenir de guerre, ton cher papa qui t'embrasse. 10 avril 1916.

Voici une vue aérienne datant de 1917. On peut y voir, à droite d'Ancerviller, les nombreuses traces du déplacement des engins et des troupes. À l'entrée du village par la route du Hameau, un réseau important de tranchées montre bien la zone de combat. La partie droite de la rue de la Treille est entièrement détruite ainsi que l'église. Le Hameau, quant à lui, n'est plus qu'un amas de pierres.

Ancerviller en 1915

Quelques images tournées à Ancerviller sont insérées dans un résumé de la première guerre mondiale