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Non, ce n'était pas la der des der !

De 1939 à 1936, Hitler révèle ses appétits de conquêtes, mais les démocraties, tétanisées par le souvenir de la Première Guerre Mondiale, veulent encore et toujours se persuader que l'on peut sauver la paix.


Le 23 août 1939, l'Allemagne et l'Union Soviétique plongent le monde dans la stupeur en signant un pacte de non-agression. Hitler a désormais les mains libres. Le 1er septembre, sans déclaration de guerre, il donne ordre à la Wehrmacht d'envahir la Pologne. Le 3 septembre, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne.

Pendant huit mois, les adversaires, dont les forces s'équilibrent, se font face en une " drôle de guerre " sans combat ou presque.


Dès juin 1940, les habitants de l'est de la France, qui gardent en mémoire le dur souvenir de l'occupation de la guerre précédente, fuient par tous les moyens. C'est l'exode, la débâcle dans la pagaille la plus complète. Certains partent vers le sud alors que d'autres vont à l'ouest, directement dans les griffes allemandes. Mais le pire provient de l'aviation ennemie qui n'hésite pas à mitrailler ces misérables colonnes de réfugiés.

Novembre 1944

50 000 Alsaciens requis à Strasbourg et ses environs travaillent à établir un réseau serré de tranchées reliant les points forts ; Sainte Pôle, Ancerviller et Blâmont. La 553ème division de la Wehrmacht stationne entre Blâmont et Réchicourt et la 708ème devant Badonviller.

Face à eux, le XVème corps d'armée US du Général Haislip avec la 44 et la 79ème division d'infanterie, vieilles connaissances de la 2ème DB. Le 11 novembre, le Général Leclerc commandant cette dernière est invité à se rendre au PC de Haislip et le début de l'offensive est fixé au 13 novembre. Les trois division doivent remonter vers le nord.


Ce matin du 13, le ciel est clair, le vent tombé et la température à -10°. Le terrain est devenu praticable pour les blindés. Alors que le timing est étudié avec une grande exactitude, la 79ème tarde à déboucher et ne parvient à conquérir qu'une mince bande de terre au delà de Sainte Pôle. Le 14, elle progresse d'un petit kilomètre et bute sur Ancerviller. Ses pertes sont élevées et dues principalement aux mines et à l'artillerie allemande devant laquelle elle évolue à découvert.

À 8h30, Ancerviller attaqué depuis près de trente heures par la 79ème, résiste toujours.

Ce jour là meurt le sergent Palmer du 315ème RI de la 79ème DI. En l'honneur des libérateurs tombés tout près de chez nous, une stèle est érigée au faubourg. William LONG (photo), lui aussi de la 79ème, est blessé et raconte : "J'ai été blessé le 13 novembre 1944 vers 15 h, au cours de l'attaque du village d'Ancerviller. Quelques uns d'entre nous suivaient un char Sherman de la 2ème DB, de manière à nous protéger des tirs d'armes légères. Le char fut touché par un Panzerfaust et la densité des tirs fut telle que le char commença à reculer derrière la ligne de crête dominant le village (le Haut de Prenzieux, baptisé Bloody Hill par les Américains).

Plusieurs d'entre nous furent blessés par des éclats d'obus et le char reculant à l'aveuglette, passa par dessus des blessés... l'horreur ! Quant à moi, j'ai pu m'agripper au char et m'en sortir ainsi, même si, à ce moment là, nous recevions des tirs de mitrailleuses et de mortiers de tous côtés. C'est alors que je fus blessé par une rafale dans les jambes. Je restai allongé pendant 18 heures, dans la nuit froide. Il neigeait. J'écoutais les gémissements et les plaintes de mes camarades blessés. Certains criaient, d'autres encore demandaient par pitié un peu d'eau ou appelaient leur mère. Mais j'étais incapable d'aider, moi-même cloué au sol. C'est là que je réalisai mon triste sort et que ma vie ne tenait plus qu'à un fil. Je priai toute la nuit. Le matin suivant, je fus ramassé par des brancardiers et calé sur la plage arrière d'un Tank Destroyer M10, peut-être un français, tout cela sous les tirs ennemis. Je vous passe ensuite les détails, notamment pour me déchausser, mais après trois jours passés sous anesthésie, la première chose que je réalisai, c'était que la bible au pied de mon lit avait été percée par un éclat d'obus... ".

Le 15 novembre au matin, le colonnel Morelle Deville, avec deux escadrons de spahis, quelques chars du 501ème et une batterie à six tubes, atteint Halloville, se rabat sur Nonhigny et prend Montreux le 16 au matin. Il avance sur Neuviller le 17 et fait volte face pour pénétrer Parux.

Le 16 novembre, le détachement du colonel La Horie se met en route. Dans la nuit du 16 au 17, il pousse à Saint Maurice où il muselle deux canons de 45PAK puis repart sur Badonviller. Après plusieurs escarmouches, ses chars et ses fantassins s'engouffrent dans le bourg et en moins d'une heure capture plus de 300 prisonniers. Le colonel allemand se met une balle dans la tête.

Les Ancervillois qui ont subi, comme beaucoup de Français, l'occupation, les combats, l'évacuation, la déportation et les ruines, retrouvent enfin la paix et leur liberté chérie.

Ils ne sont pas peu fiers de poser sur un Sherman au lieudit " Ronchard "